3.12.2010
Concert de Danielle PERETZ – mezzo-sorano
Wally KARVENO – piano
Au programme: Robert Schumann : Frauenliebe und leben (la vie et l’amour d’une Femme), Francis Poulenc : Mélodies tirées de La courte paille, Mélodies tirées de Banalites.
Danielle PERETZ est issue d’une famille d’artistes peintres bulgares. Elle en est fortement imprégnée mais se démarque en faisant des études de Musicologie à la Sorbonne puis des études de chant en Espagne. Dès son retour à Paris, elle se perfectionne avec une grande pédagogue issue de la grande tradition des voix bulgares.
Parallèlement, elle suit une formation théâtrale avec Nadia Baji qui la met en scène dans plusieurs spectacles et opéras (l’Amant Jaloux de Grétry, l’Apothicaire de Haydn). Elle a également chanté au Théâtre du Tambour Royal à Paris dans Cosi Fan Tutte et la Finta Giardiniera de Mozart. Cette solide expérience lui permet d’entamer dès lors une série de récitals en Allemagne et en France axée sur la mélodie française (en particulier Poulenc, Fauré et Reynaldo Hahn) et le lied allemand. Son goût de la scène l’amène particulièrement à interpréter en récital des airs d’opéras exprimant les sentiments universels de l’hu main. Par ailleurs, elle se passionne pour le répertoire espagnol (De Falla, Granados etc.) qu’elle aime particulièrement interpréter. Elle a également été engagée au Festival de la Malmaison dans le cadre duquel elle a interprété, accompagnée par un piano d’époque, des mélodies très rarement chantées d’Hortense de Beauharnais. Enfin, ses origines juives l’amènent à interpréter le répertoire très riche de la romance sépharade dans plusieurs lieux (festivals d’été, Théâtre de la Vieille Grille). Elle y est accompagnée à la guitare qui lui paraît être l’instrument correspondant le mieux à sa sensibilité. Ses précédents concerts ont eu lieu à l’Atelier de la Main d’Or où elle a interprété Manuel de Falla et Francis Poulenc. Ce lieu magique permet à des artistes de s’exprimer dans des répertoires très variés. Ses prochains projets sont axés sur le répertoire d’opéra qu’elle reprend avec bonheur (particulièrement Verdi et Rossini).
Wally KARVENO est née le 14 octobre 1914 à Berlin de père d’origine roumaine et d’une mère belge, tous deux très mélomanes. Après des études brillantes de piano (elle donne son premier concert à 14 ans avec le concerto de Schumann), elle commence une carrière de comédienne au Staatstheater de Berlin. Mais le nazisme arrivant, elle se réfugie avec sa famille en France où elle est engagée dans différentes productions.
Par ailleurs, et essentiellement, elle est une pianiste reconnue et une compositrice dont les mélodies et les œuvres ont été souvent interprétées en France et à l’étranger.
Musicienne dans l’âme, elle se produit en France et à l’étranger (particulièrement en Allemagne) et sa profonde musicalité a toujours un impact important auprès du public et des chanteurs qu’elle accompagne avec une passion aussi importante que sa très grande compétence sur le plan de l’interprétation.
7.12.2010
LE THEÂTRE D’IVAN RADOEV OU LA RENCONTRE DE LA POESIE ET DE LA SATIRE
Troisième conférence par Mme Monique Prunet, agrégée de l’Université
Avec la participation de Mr. Claude Bonin- metteur en scène, auteur.
Né en 1927 à Pordim, près de Pleven, Ivan Radoev est mort à Sofia en 1994. Journaliste, rédacteur à la télévision nationale bulgare, il fut également dramaturge au Théâtre Salza i Smiah (Larmes et rires) et au Théâtre Sofia.
De la poésie au théâtre, son œuvre littéraire a de multiples facettes. Quand il se tourne vers l’écriture théâtrale, il fait partie d’une jeune génération de poètes/dramaturges en rébellion qui ont contribué à l’épanouissement d’un nouveau style du théâtre bulgare à la fin des années 50 et au début des années 60, le groupe de Bourgas. C’est à Bourgas en 1956 que fut montée sa première pièce, Le Monde est Petit, suivie par d’autres au cours des années 60, pièces en un acte qui mettent en scène des conflits familiaux, ce qui, à l’époque, était en complète contradiction avec la version officielle de la société bulgare et qui vaudra à leur auteur de s ennuis avec la censure. Ses grandes pièces furent produites à Sofia dans les années 80 et au début des années 90, jusqu’à sa mort en1994. Citons en particulier La Cannibale (écrite en 1976) qui est la plus connue à l’étranger, Miracle (1983), et la dernière, Upi ou le Théâtre à la Fin du Siècle (1993) dans laquelle on retrouve le mystérieux et inquiétant Topouzov de La Cannibale.
Bravant les conventions, Ivan Radoev use de la satire poétique pour mettre en relief les contradictions entre apparence et réalité et moralité et démagogie. Il a donné une leçon à tous ceux qui avaient peur de s’aventurer hors de la routine familière ou d’abandonner le statu quo politique et le côté subversif de son théâtre a influencé toute une nouvelle génération de dramaturges : ainsi on retrouve l’absurde inquiétant de La Cannibale dans Le Colonel-oiseau de Hristo Boychev (1998). Nous partirons donc à la découverte du théâtre poétique et satirique à la fois d’Ivan Radoev pour qui « tout poème est une pièce ».
Monique Prunet




















