INSTITUT CULTUREL BULGARE

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MAI 2010

 

18.05.2010 – 11.06.2010

Exposition Collective SUR UNE FEUILLE DU PAPIER

Consacrée à la Journée de la culture bulgare et de l’écriture slave

 

Gravures des fonds de la Galerie des beaux-arts de Sofia. Cette exposition présente des dessins graphiques de 28 artistes – sélectionnés parmi les 3 300 œuvres, conservées dans le Fond de la Galerie des Beaux-Arts de Sofia. Sans avoir suivie une chronologie particulière, l’exposition reflète les différentes périodes du développement de l’art graphique en Bulgarie. Les œuvres présentées montrent les changements stylistiques dans l’art bulgare, ainsi que le développement dans l’utilisation des différentes techniques : aiguille sèche, eau-forte, lithographie, aquatinte, gravure sur bois, mezzo-tinto, pendant le 20ème siècle.

 

A.Panayotova – Atelier                                             N.Raynov – Carrefour à Paris

( lithographie)                                                            (gravure sur bois)

La gravure obtient une place particulière dans l’histoire du développement des beaux-arts en Bulgarie. Ce développement s’avère particulièrement impétueux et fécond au cours des années 60, 70 et 80 du 20ème siècle, temps où la gravure bulgare marque des sommets. Elle est appréciée par ses mérites à des nombreux forums internationaux en obtenant des prix mondiaux. Ce n’est pas exagéré de dire que pendant cette période la gravure bulgare ouvre le chemin des découvertes plastiques dans les domaines des beaux-arts en Bulgarie.

 

20.05.2010

Des Lieux et des hommes

Cycle de conférences par René Meissel, Agrégé de l’Université.

 

VIDIN

Dans l’angle nord-ouest du territoire bulgare, Vidin pourrait être le point de départ d’une belle croisière sur le Danube et pourtant les croisières organisées par les voyagistes occidentaux ignorent cette escale. Dommage. La longue et large promenade ombragée et fleurie le long du fleuve ferait presque oublier l’imposante forteresse Baba Vida dont la masse trapue paraît chercher à se dissimuler derrière la haute digue qui borde le fleuve. C’est que la ville est, depuis l’Empire romain, un des points forts de cette ligne naturelle de défense qu’a constitué le Danube pour protéger la province de Mésie, puis, en alternance, les royaumes bulgares et l’Empire byzantin. Elle fut un des derniers bastions de résistance face à la conquête ottomane avant de reprendre son rôle multiséculaire pour le compte du nouvel empire.

Retracer l’histoire de la ville, c’est évoquer la présence romaine, mais aussi l’occasion de faire revivre des figures importantes de l’histoire bulgare : Ivan Stratzimir, le dernier souverain du Deuxième Royaume, mais aussi, le pacha Osman Pazvantoglou, contemporain de notre Napoléon 1er…Quoi, un Turc ? Hé oui, comme disait Yavorov à Bansko : …c’est de l’Histoire. Pour nous amuser, sera aussi évoquée la figure d’un autre gouverneur de Vidin, Zia Pacha, qui s’est ridiculisé lors de la lecture de la lettre que lui avait adressée (en français, s’il vous plaît !) le chef révolutionnaire hongrois Kossuth, demandant l’asile politique en 1849…Et pour rire encore, dans une autre période difficile, sera conté l’étrange enterrement du capitalisme organisé par la municipalité de la ville dans les années 1950.

Vidin compta aussi une communauté juive importante d’où sont issus deux grands peintres : le sulfureux Julius Pinkas, connu sous le nom de Pascin, mort tragiquement à Paris en 1930, et Eliezer Alcheh qui, après un séjour dans les camps de travail de 1941 à 1943, a choisi en 1951 d’aller vivre en Argentine …Le premier eut pour ami Georges Papazoff, de Yambol ; le second épousa celle qui l’avait aidé pendant les années difficiles, Bronka Gyurova, de Shoumen.

René Meissel

28.05.2010

Le théâtre de Stanislav STRATIEV :

L’absurde au service de satire

Deuxième conférence par Mme Monique Prunet, agrégée de l’Université



Né à Sofia en 1941, Stanislav Stratiev y est décédé en 2000. Il a laissé une œuvre abondante et très variée : pièces de théâtre, romans et nouvelles, scénarios de films, pièces radiophoniques sans compter sa collaboration avec la télévision nationale. Il fut aussi le directeur littéraire du Théâtre de la Satire de 1975 à sa mort. Dans son œuvre théâtrale en particulier, son humour acéré et sardonique sert à merveille la satire qu’il fait de la société de son temps. Il adore les paradoxes ; il se plaît à déboulonner les éléments qui pourraient racheter une situation absurde et, à l’inverse, il traque l’absurdité qui se cache derrière la situation la plus banale. L’exemple le plus célèbre en est sa trilogie des années 70, Les thermes romains, Une veste de daim, Le bus, dans laquelle le personnage principal, Ivan Antonov, qui refuse le moule social en vigueur, se retrouve de plus en plus isolé et enfermé dans des situations inextricables. Ainsi, dans Les thermes romains comment se débarrasser des ouvriers qui démolissent tout son appartement parce qu’ils ont trouvé des vestiges de bains romains ? Ou comment sortir du labyrinthe bureaucratique dans Une veste de daim ? L’absurdité culmine dans Le bus : un trajet banal se transforme en véritable cauchemar. Tout au long de sa carrière littéraire, Stanislav Stratiev ne s’est pas départi de cet humour acide et inquiétant qui provoque le rire grinçant du spectateur. Non sans rappeler Alice de Lewis Carroll, son théâtre a des accents beckettiens mais c’est un Beckett bulgare, en prise directe avec l’absurde sans conventions, auquel cette présentation tentera de rendre un hommage bien mérité.

Monique Prunet